Clubhouse, c’est le nouveau réseau social qui fait parler de lui. Outil de communication mobile par excellence, il propose d’organiser des conférences vocales privées en quelques clics seulement, mais aussi de rejoindre n’importe quelle conversation déjà ouverte, vous permettant ainsi d’échanger votre point de vue avec les plus grandes célébrités de la tech mais aussi du cinéma, de la musique, etc. Un programme plutôt appétissant, non ?

Mais Clubhouse c’est avant tout une application mobile, pour l’instant exclusive aux appareils tournant sous iOS (soit Apple). L’app a été développée par la société Alpha Exploration Co. derrière laquelle se cachent Paul Davison (ex Google et Pinterest) et Rohan Seth (ex Google).

Si la première version de l’app a vu le jour en avril 2020, elle est arrivée en France un an plus tard, en février 2021.

Le concept efficace ouvrant le champ des possibles

La principale raison du succès (jusque-là du moins) de Clubhouse, c’est tout d’abord son concept. À la fois totalement pertinent pour nombre d’organisations, l’app offre surtout la promesse d’une grande simplicité.

De plus, pour les entreprises qui lorgnaient timidement le pouvoir des podcasts et du broadcast audio, Clubhouse offre une alternative clairement moins onéreuse et bien plus évidente à mettre en place. Ainsi, facilitant presque à l’extrême l’organisation d’événements audio, le nouveau réseau social pourra séduire de nombreuses entreprises aux problématiques B2C mais aussi B2B, offrant ainsi une alternative au maintenant (trop) bien connu webinar.

Une communication intégrée au concept, au bon moment

Le second point essentiel dans la réussite présente et future de Clubhouse, c’est sa stratégie de communication redoutable. Jouant habilement sur l’imaginaire collectif créé autour des clubs privés réservés à une élite bien spécifique, Clubhouse n’est non seulement disponible qu’aux propriétaires d’un iPhone, mais n’est surtout accessible que par invitation. En effet, lorsque vous avez téléchargé l’app et que vous la lancez, il vous sera proposé de réserver un pseudo pour le jour où vous seriez accepté. Plutôt que d’attendre un jour incertain, la meilleure option reste de se faire inviter par une personne déjà membre. Arrive alors un besoin tout aussi soudain qu’irrationnel de recevoir son invitation. Après tout, pourquoi vous ne seriez pas invité vous aussi ?

Ne vous y trompez pas, il ne s’agit ici aucunement d’un simple coup de com’ mais bien d’une vision à long terme puisque ce concept se retrouve jusque dans le nom, avec l’idée de Club.

Une question me titille toutefois le pouls du cervelet droit : une fois que tout le monde aura été invité (parce que bon, à terme, cela finira bien par arriver), quels sont les plans d’Alpha Exploration Co. pour nourrir l’univers créatif qui tourne autour de l’aspect fermé du club ?

Enfin, alors que toutes les entreprises dans le monde doivent réviser leur communication digitale et leurs budgets de communication, elles se voient obligées de repenser complètement leurs actions, favorisant presque inévitablement les événements digitalisés, l’offre Clubhouse tombe alors à point nommé.

Quelques failles de confidentialité ?

Cela dit, le lancement de Clubhouse ne se fera pas totalement dans le calme le plus total. Car si l’intérêt autour du petit nouveau est bien réel, les experts se sont rapidement posés la question de la confidentialité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bien là que le bât blesse.

« Tous les utilisateurs doivent partir du principe que toutes les conversations sont enregistrées » explique alors John Furrier, directeur de la publication de siliconANGLE, média spécialisé dans la cybersécurité.

Que les failles remarquées soient volontaires ou non, il va donc sans dire que la prudence aura tout intérêt à rester de mise.