La pandémie et les différentes restrictions qui y sont associées nous ont forcé à revisiter un certain nombre de nos habitudes. Nos tables de cuisine, canapés, lits, couloirs ou sous-sol sont devenus nos postes de travail. Et les écrans d'ordinateurs, de smartphones ou de télévision représentent désormais bien souvent nos seules fenêtres sur un monde qui était, il y a quelques mois encore, à portée de mains. Il est difficile pour beaucoup de marquer une frontière claire entre sphère professionnelle et personnelle quand le bureau s'invite dans nos foyers. Il est d'autant plus compliqué de ne pas tout mélanger quand les écrans qui nous entourent doivent à la fois nous permettre de travailler, de pallier à l'absence de nos proches et de nous divertir.

Le monde de la culture, comme celui de la restauration, paye actuellement un lourd tribut et peine à trouver des solutions pour continuer à offrir des moments d'évasion à une population qui aurait bien besoin d'une dose d'humour ou de rêve à emporter.

Mais c'est peut-être bien, encore une fois, via nos écrans que les artistes que nous trépignons d'impatience de retrouver au cinéma, au théatre ou dans les salles de concert, nous donnerons rendez-vous pour les mois à venir. Beaucoup d'artistes ont pris l'habitude au cours du premier confinement de poster des performances gratuitement sur les réseaux sociaux en attendant la réouverture des lieux de divertissement.... par envie, par ennui, par besoin de maintenir le lien.
2020 se cloturera notamment sur deux concerts virtuels d'envergure mettant en scène deux hauts lieux du patrimoine français : le Louvre pour David Guetta et Notre-Dame de Paris pour Jean-Michel Jarre.


Alors que 2021 s'ouvre sur une nouvelle vague d'incertitudes, de plus en plus d'artistes commencent à planifier des performances virtuelles mais payantes, travaillées comme de vrais spectacles à part entière...prévus sans public dans la salle. Il ne s'agit plus alors de maintenir le lien mais de s'adapter à un nouveau monde qui s'installe malgré nous et nous nie le droit de nous rassembler. 

L'avantage : un accès à la culture et au divertissement plus facile et souvent moins cher, pouvant toucher un public plus vaste peu importe la condition physique, le lieu de résidence, l'âge...
Diffuser la culture par visioconférence permet sans aucun doute de lui donner une portée plus large et surtout de lui offre la possibilité de déjouer les circonstances actuelles.

L'inconvénient : ce manque de lien humain qui constitue souvent le coeur d'une expérience culturelle. Jouer un spectacle sans voir le public pour les uns, regarder un concert seul dans son salon sans la connexion avec le reste des spectateurs et avec un écran entre vous et la scène pour les autres...Voilà une expérience bien déroutante, mais ne vaut-elle pas la peine d'être tentée en ces temps covidés ?