« L’Etat du sexisme en France »

Le fléau sexiste ronge toutes les couches professionnelles. Pourtant certaines fonctions dont l’aura historique et culturelle masculine perdure, souffrent encore aujourd’hui d’un déséquilibre tenace. Les femmes en politique doivent faire face à une solidarité masculine accrue, proche des « boys club », appelée « fratriarcat », qui exclut sciemment les femmes des échanges parfois décisifs.

Les chiffres du rapport publié par le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes ce lundi parlent d’eux-mêmes. Plus de quatre maires sur cinq sont des hommes.

La société avance, c’est indéniable. Depuis 2014, le principe d’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités s’applique désormais dans tous les secteurs de la vie sociale.

Seulement dans les faits, « si la parité quantitative a bien eu lieu, le partage effectif du pouvoir se fait attendre ». Au-delà de ces résultats, il suffit de regarder les affiches électorales dans la rue à l’approche des Municipales pour comprendre que nous sommes encore bien loin du modèle finlandais.

En marche…vers l’action !

Pour que la parité s’inscrive durablement dans les standards de fonctionnement des rouages politiques, plusieurs recommandations émergent du rapport du HCE.

Mettre fin aux zones blanches : les dispositifs paritaires sont imposés au niveau local dans les intercommunalités et les communes de plus de 1 000 habitants : pour les élections municipales, chaque liste doit y avoir un nombre égal de candidats et candidates avec une alternance stricte. Pourquoi ne pas étendre ces obligations aux autres zones dites « blanches » ?

Punir les partis sexistes :  lors de l'attribution des financements publics aux partis politiques, le HCE indique qu’il faudrait prendre en compte le niveau de mixité de leurs directions et de leurs commissions d'investiture pour calculer leur montant de subvention. Si la parité n'est pas respectée, le montant alloué serait alors impacté et pourrait baisser.

Haro sur la touche féminine : en 2015, 8 personnes sur 10 occupant le poste de vice-présidence à l'Enfance et à la famille dans les Conseils départementaux étaient des femmes. Afin que celles-ci ne soient pas systématiquement reléguées aux thèmes relatifs au travail domestique et de soin, il est essentiel de rééquilibrer la répartition des délégations et des responsabilités administratives entre les élus locaux hommes et femmes.

Tolérance zéro pour les violences sexuelles : cela devrait être évident et induit. Un(e) élu(e) condamné(e) pour violences sexistes et sexuelles devrait être systématiquement puni par une peine d’inéligibilité.

Les médias comme fer de lance : la représentation des femmes politiques dans les médias est encore problématique car « la parole d’autorité reste un monopole masculin » selon le HCE. Pour lutter contre cette représentation discriminatoire, il faudrait inciter à "publier un décompte spécifique en période électorale du temps de parole accordé aux femmes et aux hommes par semaine". Celui-ci s'ajouterait à celui, existant, assurant un temps de parole égal à chaque parti politique.

Le chantier de la parité est loin d’être terminé et il est encore temps de changer la donne. C’est même plus que jamais le moment, alors à vos listes et aux urnes citoyennes !