C’est finalement la Norvège qui a décidé du sort du journal papier. Il sera mort et enterré d’ici 2021.

Les titres Verdens Gang (VG) et Aftenposten l’ont déclaré.

A qui la faute ? A Internet évidemment, qui a profondément changé les habitudes de lecture et d’accès à l’information.

Mais ce qui surprend le plus avec les dirigeants des 2 plus grands médias norvégiens c’est leur capacité de résilience et de se tourner vers l’avenir, sans aucune forme d’amertume. Les temps changent et la posture attentiste n’est plus de mise. Il faut être offensif, et ces dirigeants le sont, depuis maintenant 5 ans !

Finis les réunions de rédaction pour les manchettes et autres unes.

Finis les choix cornéliens sur la hiérarchisation de l’information.

Finis les délais de bouclage et les cadres prédéfinis.

Désormais, chaque journaliste est « Digital First » ! Chaque article est pensé pour une lecture optimale sur le smartphone.

Chaque article est agrémenté d’images au format Snapchat.

Les podcasts sont rentables.

Et les abonnements numériques suivent !

Même si cette transition est inéluctable, les directeurs n’oublient pas pour le moment les lecteurs les plus anciens, mais aussi les plus assidus, avec une version papier, sur abonnement. Mais c’est tout même une chute de production de 80% depuis le pic de 2002.

Les jeunes peinent tout de même à s’abonner mais les chiffres et les projections sont plutôt bons. L’effet Netflix et Spotify (qui ont institutionnalisé le concept de l’abonnement) doit y être pour quelquechose !

Quoiqu’il en soit, une transition intelligente et en douceur, fruit d’une révolution menée il y a 5 ans.

Cette évolution norvégienne doit très certainement donner des idées aux principaux médias européens qui peinent encore à trouver la bonne direction.

Si toutes les boussoles indiquent le Nord, nous savons désormais que ce n’est pas par hasard.