L'Hexagone a toujours envoyé beaucoup de start-up au CES. Alors que la 51ème édition du CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas referme ses portes, c'est maintenant l'heure du bilan pour la France.

En 2018, le CES avait été très médiatisé en France car c'était en effet la première édition sous la présidence d'Emmanuel Macron, figure de proue de la "start-up nation". Cette année, c'est 421 entreprises françaises ont fait le déplacement au Nevada faisant une nouvelle fois de la France la deuxième délégation étrangère au CES, derrière la Chine.

Mais pourquoi tant de monde pour un si petit pays ? C'est la question que se posent bon nombre de spécialistes du domaine. D'après le JDN : "la France est la risée du CES", nous a confié un entrepreneur français croisé sur le salon. Difficile de lui donner tort. Car passée la démonstration de force, on déchante rapidement face aux nombreuses start-up dont on peut franchement douter de la pérennité, et qui présentent des gadgets qui auraient davantage leur place au concours Lépine, car souvent éloignés de produits pensés pour des besoins et un marché. Par charité, nous tairons leurs noms, de toute manière trop nombreux pour être tous cités."

Fred Potter, fondateur de Netatmo, une startup française spécialisée dans l'IoT revendue par la suite au géant Legrand, est un habitué de la French Tech et de ce genre de grand raout.  Il va même jusqu'à déclarer : « Le CES est devenu un happening branché débile pour l’incubateur du Puy-en-Velay »

Cependant, si l'année dernière la mission French Tech (l'organisme de la délégation française sur le salon) avait communiqué à tout va à grand renforts de cocoricos, cette année, c'est une autre histoire. Deux raisons apparentes à cela :

  • Primo, lors de l’édition 2018, la France était arrivée en ordre dispersé. Pour monter en gamme en 2019, il a donc été décidé dès mars dernier de créer une délégation unique pour faire front commun, donc de fédérer toutes les régions françaises autour de Business France et de la Mission French Tech (Maddyness)
  • Secundo, la crise des Gilets Jaunes. En effet d'après Challenges "cette année, la French Tech ne sera pas représentée politiquement. Alors que la crise des gilets jaunes s'installe dans la durée, les élus de la " start-up nation " ont préféré faire profil bas. Le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, VRP efficace, n'a pas fait le déplacement". Préférant éviter d'apparaitre dans un cadre aussi festif, cette année les politiques ont préféré laisser la place aux chargés de missions et à quelques présidents régionaux.

A Jamal El Hassani, journaliste au JDN de conclure cette édition 2019 : "Dommage pour les véritables pépites françaises de la délégation qui, diluées par la médiocrité de certains de leurs pairs, perdent en visibilité auprès de clients et investisseurs potentiels. A vouloir voir trop grand, la France brouille le message qu'elle souhaite adresser à l'écosystème tech mondial. Pas sûr que le visiteur étranger de passage sur les travées françaises en ressorte avec un souvenir impérissable."