Récemment arrivée à la direction de la rédaction de L'Obs, Dominique Nora fait prendre un tournant digital au magazine. Ne comptant que 7700 abonnés numérique pour 220 000 abonnés papier, le magazine de gauche compte bien faire grimper son audience en ligne. 

Le média a dû passer par une grande vague de réorganisation interne pour enclencher sa pente ascendante vers le 2.0. Les journalistes ont vu un pont être construit au-dessus du faussé infranchissable entre le Web et le print. Espérons que cela n'ait pas été fait au grand dam de leur amour propre. 

« Notre but est de publier des papiers Web avec une véritable valeur ajoutée. La production numérique doit être égale à ce que l'on écrit pour le magazine », indique Dominique Nora, dans une interview au  Figaro. « Il n'y a plus d'illusions chez les journalistes print : il n'est plus possible d'ignorer le numérique », poursuit-elle.

En tant qu'attachés de presse, nous avons une tendance naturelle à auréoler les articles print d'un prestige irrationnel. 

En effet, non seulement les médias en ligne enregistrent des audiences conséquemment plus élevées que leur version imprimée, mais en plus, les articles restent visibles sur le Web à perpétuité. Si une double page de journal retranscrit l'interview du PDG de l'une de nos entreprises clientes, mais que l'article n'est pas publié en ligne, quelle sera sa durée de vie ? Un jour ou deux au plus, et l'article n'aura que le mérite de marquer l'esprit de centaines de milliers de lecteurs, plutôt que de plusieurs millions, et de flatter l'ego du porte-parole en question. 

Cessons donc d'être déçus quand un journaliste ne publie pas en print un article au sujet de notre client, et sachons voir avec enthousiasme les évolutions de la presse.