Paris Match, une institution, le magazine qui traverse les générations avec ses couvertures chocs et ses punchlines assumées. Depuis près de 70 ans, on se délecte de découvrir la vie de ces personnalités publiques qui nous ouvrent les portes de leur intimité.

En particulier, nos politiques qui nous fascinent mais qui demeurent si loin de nos vies et de nos préoccupations. Paris Match est le seul media de la presse écrite qui offre à ces politiques une occasion de nous démontrer combien ils sont (presque) comme nous.

La dernière « Une » ne fait pas exception à la règle. On y retrouve notre ministre du travail, Muriel Penicaud prenant la pose devant le Ministère du Travail, dans les jardins de l’hôtel du Châtelet. Une posture peu conventionnelle pour un personnage politique la montrant de plein pied en position de relaxation tai-chi. Cette photo n’aurait dérangé personne si elle ne montrait pas une Ministre en exercice, évoquant l’acte 2 de la réforme du travail, sujet hautement brûlant donc.

Évidemment, cette photo a fait le tour des réseaux sociaux, a été décryptée par des chroniqueurs radio, a soulevé la réaction des féministes qui y voient une attaque personnelle en raison de son genre. Puis on y a vu des références au Christ sur sa croix ou à une œuvre de Banksy. On rit de ces « mèmes » parfois caustiques, souvent très drôles. On s’interroge également sur l’interprétation que le titre nous livre, elle serait « en équilibre » sur un sujet sérieux, compliqué à gérer, qui touche les français.

La communication politique à bien des égards est passionnante. Rien n’est évidemment laissé au hasard et cette couverture en est l’exemple parfait. Il suffit de voir comment une simple photo parvient à cristalliser autant de réactions, positives comme négatives. Le pari est gagné.

On parle (enfin !) de cette ministre dont la côte de popularité reste en berne (16% -4 Sondage BVA juin 2018). Et surtout, elle s’offre une tribune de deux pages pour exprimer son engagement à faire évoluer les choses, l’opportunité d’expliquer simplement son projet de loi à plus de 3,57 millions de lecteurs qui lisent Paris Match, le 2ème hebdomadaire le plus lu en France.

Avec un lectorat principalement composé de femmes (2,2 millions de lectrices), forcément impactées et sensibilisées aux thématiques de la formation, de l’emploi et de la lutte contre le chômage, ce choix pourrait s’avérer plus judicieux que l’on ne le croit.

Priscilia Fartoukh 

Associate Director