Je suis tombée par hasard, à l’occasion d’une sempiternelle insomnie, sur un article de Libé sur le lynchage en réseau.Ce papier illustrait ce phénomène avec des exemples concrets, souvent glaçants. 

Comment un commentaire laissé sur un forum de discussion ou un message posté sur un réseau social peuvent engendrer un web bashing, un déferlement de haine qui va jusqu’au doxxing, à savoir la divulgation d’informations personnelles sur la toile.

Moi qui suis communicante dans l’âme, si parfois cela peut me faire rire comme avec la reprise de Don't Look Back in Anger par Grégoire s’époumonant dans une gare, la plupart du temps cela me faire vraiment peur. Tout cela va trop loin.

Aujourd’hui, une erreur de communication ou une maladresse peut vous coûter votre travail, votre réputation, votre vie. J’en ai fait l’expérience à une moindre échelle et c’est tout simplement déstabilisant.

Il y a quelques années, par erreur, j’ai envoyé un mail commercial à 250 personnes en oubliant de les mettre dans la case CCI. Il s’en est suivi, un mail très désagréable, puis un autre, puis 10, 20, 100...avec tout ce beau monde en copie. Commentaires misogynes, discussions autour de ma santé mentale, attaque sur la société qui m’employait, il y avait mes défenseurs (qui n’a jamais fait cette boulette ?!) et mes détracteurs (cette fille est idiote). Bref, la pire journée de ma vie. 

Comment enrayer tout cela ? Et bien, vous ne le pouvez pas. Il faut attendre que cela passe, impuissante. Mes plates excuses n’avaient servis qu’à relancer la machine. Et heureusement pour moi, ce torrent de messages n’a généré qu’un seul post sur un réseau social qui n’a pas fait écho. Ce qui est intéressant tout de même, c’est lorsque j’ai pris mon courage à deux mains. J’ai bien essayé d’en appeler certain pour essayer de stopper tout cela. Et c’est là qu’on s’aperçoit de toute l’absurdité et de l’ambivalence de ces personnes.

Étrangement, elles étaient toutes surprises que je les appelle et devenaient bienveillantes à mon égard « oh mais c’est pas grave vous savez, ce n’était pas la peine de me contacter... ». Bref, des attaques peu assumées en somme. C’est effrayant. 

L’anonymat des pseudos a renforcé tout cela. Et ce n’est pas un épiphénomène, chaque jour à son lot de victimes et de faits relatés. Alors, déformation professionnelle sans doute, je m’évertue à éduquer, sensibiliser, expliquer autour de moi, le pouvoir de l’expression publique...et ses dérives.

 J’informe, je préviens et j’exhorte à faire attention à l’utilisation de sa liberté d’expression.


Priscilia Fartoukh

Associate Director