Début février, alors que le meurtre d'Alexia Daval défraie la chronique, l'avocat de son mari, placé en garde à vue, prend la parole pour annoncer que son client n'est "pas soupçonné par hasard". Ni une ni deux, c'est l'emballement médiatique. 

Et pour cause : il est plutôt rare qu'un avocat enfonce son client, publiquement de surcroît. Cette affaire est bien évidemment très éloignée de mon quotidien de consultante en communication pour des entreprises technologiques, mais un élément a pourtant retenu mon attention. Mis en porte-à-faux, l'avocat plaide "l'erreur de communication". Il prend ainsi la suite de Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et bien d'autres. Il suffit de faire une rapide recherche sur Internet pour se convaincre que l'erreur de communication est devenue l'excuse à la mode.

Que se cache-t-il derrière cette expression ? Un peu de mensonge, beaucoup d'exagération mal assumée, toujours une bourde. Et trop souvent, une absence de regret, une volonté de diluer la responsabilité des propos tenus. Un jeu de dupes aussi, car finalement, il n'y a bien que celui qui invoque l'erreur de communication pour y croire.

Alors que le droit à l'oubli semble de moins en moins acquis, il est essentiel de pouvoir accepter le droit à l'erreur, la vraie, pas seulement l'erreur de communication. Dans le cas d'une entreprise ou d'une personne publique, vouloir noyer sa responsabilité dans un gloubi-boulga d'éléments de langage savamment travaillés a de grandes chances de provoquer l'inverse de l'effet recherché. La mission de la communication ne doit pas être de camoufler la vérité. A refuser de perdre la face, on peut parfois perdre bien plus.