En ce mois de janvier froid et pluvieux, les résultats du 31e baromètre de Kantar Sofres mesurant la confiance des Français dans les médias sont aussi réconfortants qu'une éclaircie au milieu des nuages. Malgré l'influence croissante des fake-news, peut-être même grâce à cette inquiétante influence, les Français retrouvent confiance dans les médias traditionnels. 

Kantar Sofres nous dit : "La crédibilité de la radio, presse et télévision rebondit après une forte baisse amorcée depuis 2015 : 56% des Français font confiance à la radio pour fournir une information viable et vérifiée (+4 points). Le journal (52%) et la télévision (48%), eux, connaissent un regain important de leur crédibilité avec une augmentation de 7 points pour les deux médias." 

La réconciliation entre les Français et leurs médias n'est pourtant pas totale, et c'est Internet qui en fait les frais. "Seuls 25% des Français jugent cette source d’information comme fiable et 31% font confiance aux informations publiées en ligne, contre 35% l’année dernière."

La faute à ces fameuses fake-news ? A la culture du buzz ? Au climat de défiance savamment entretenu par une partie de la classe politique mondiale ? A une surmédiatisation de certains sujets, dont la couverture semble parfois bien disproportionnée par rapport à l'intérêt que nous leur portons, nous, les lecteurs ? La véritable raison se trouve probablement à la croisée de tous ces éléments, et plus encore.

Mais les médias en ligne n'ont pas dit leur dernier mot et les nombreux efforts entrepris par certains d'entre eux pourraient bien marquer le début d'une nouvelle relation avec les lecteurs, plus transparente et interactive. 

C'est le cas par exemple de CheckNews, le moteur de recherche humain de Libération, ou encore de l'équipe des Décodeurs du Monde, qui se charge de décrypter et replacer les informations dans leur contexte. Plus simplement, jouent également un rôle tous les 'live' éphémères activés par les grands médias dès qu'un fait majeur se produit, que ce soit une élection présidentielle, une catastrophe naturelle ou un attentat. 

Plus ces outils se multiplient et gagnent en popularité, plus les internautes s'aguerrissent, plus nous prenons une part active dans notre consommation des médias et plus la relation que nous entretenons avec eux va changer. A nous de faire en sorte qu'elle change pour le meilleur, et non pour le pire.